Quel est ton parcours ?

Je suis titulaire d’un master en « Psychologie cognitive fondamentale et appliquée » de l’Université Sorbonne Paris Cité. Au cours de ma formation, j’ai eu l’opportunité de travailler au sein du département d’études cognitives de l’École normale supérieure (ENS) de Paris-Saclay (DEC ENS ULM), ainsi qu’à l’Institut de Robotique et de Systèmes Intelligents (ISIR – UMR7222) de l’Université Pierre et Marie Curie (UPMC).

Par la suite, j’ai intégré le laboratoire de sciences cognitives et affectives de Lille (SCALAB – UMR9193), où j’ai mené mes travaux de thèse sur le sujet suivant : « Études des déficiences synergétiques vision-posture-attention dans la maladie de Parkinson ». Ces recherches ont été réalisées en collaboration avec l’Université de Lille et le CHU Roger Salengro de Lille, grâce à un co-financement de la région Hauts-de-France, de l’association France Parkinson et du CHU Roger Salengro.

Après ces travaux très orientés sur les neurosciences cognitives, je me suis dirigé vers un postdoctorat au sein de la chaire académique-industrielle NAIADE, où j’ai réalisé une analyse de l’activité des opérateurs marins en vue de développer une IA d’aide à la décision pour l’annotation de signaux. Ce postdoctorat, en cours de finalisation, a été réalisé à l’Institut d’Études et de Recherche Navale (IRENAV – EA3634) de l’École navale de Lanvéoc.


Comment as-tu construit ton parcours de recherche ?

J’ai construit mon parcours d’études et de recherche de manière à pouvoir travailler sur la perception sensori-motrice, la charge attentionnelle en situation réelle, l’augmentation perceptive, la prise de décision experte, l’évaluation centrée utilisateurs et la collaboration humain–IA.
Si mes expériences de master et de thèse étaient fortement orientées vers les neurosciences cognitives, en particulier l’étude de biomarqueurs de la charge cognitive et du contrôle moteur, mon postdoctorat avait pour objectif de développer mes compétences en analyse qualitative d’activités en contexte réel.

Cette trajectoire vise à me rendre à la fois compétent en neurosciences cognitives et en ergonomie cognitive, afin de me positionner à l’interface de la psychologie cognitive et de la psychologie appliquée. À terme, je souhaite travailler sur les interactions homme-machine et homme-système en adoptant une double approche : d’une part, l’étude des processus de prise de décision cognitive et experte dans un contexte marqué par l’émergence de l’IA décisionnelle ; d’autre part, l’analyse de l’augmentation perceptive et de l’intégration multisensorielle, en particulier leurs effets sur la performance humaine et les bénéfices/coûts associés à de telles intégrations.


Quel est ton sujet de recherche et en quoi consiste-t-il ?

Mon travail de recherche ne se limite pas à un unique sujet ; il s’organise autour de plusieurs axes complémentaires qui visent à approfondir la compréhension de l’activité humaine, des processus de prise de décision et des interactions avec les systèmes technologiques. Plus précisément, mes thématiques actuelles portent sur : La prise de décision experte et la collaboration humain–IA – L’analyse et la modélisation de l’activité – L’augmentation perceptive et la substitution sensorielle – L’analyse de biomarqueurs de la charge cognitive – L’évaluation centrée utilisateurs d’interfaces numériques. Ainsi, je concentre mes travaux sur la prise de décision experte et la collaboration humain–IA, en m’appuyant sur les modèles cognitifs pour analyser comment les systèmes intelligents influencent ou transforment les processus décisionnels, tout en menant une analyse fine de l’activité réelle des opérateurs, notamment des marins engagés dans des missions de veille et d’annotation au sein de la chaire NAIADE, afin de comprendre leurs contraintes, régulations et stratégies.

Mes recherches portent également sur l’augmentation perceptive et la substitution sensorielle, à travers le projet interdisciplinaire PHAROS que j’ai cofondé pour explorer comment de nouvelles modalités sensorielles peuvent améliorer perception, performance et adaptation, ainsi que sur l’étude de biomarqueurs de la charge cognitive, un axe développé durant ma thèse via l’analyse de comportements oculaires, posturaux et pupillaires pour caractériser les déficiences synergiques liées à la neurodégénérescence parkinsonienne. Enfin, j’évalue des interfaces numériques centrées utilisateurs afin de concevoir et tester des systèmes adaptés à leurs besoins et limites, notamment via des expérimentations portant sur de nouvelles modalités de transmission de l’information et des aides à la décision fondées sur le Machine Learning. Ces différents axes se nourrissent mutuellement et me permettent d’aborder les interactions homme-système de manière intégrée, à la fois sur les plans cognitif, perceptif et ergonomique.